Lectures d'été

Lectures d'été

Une sélection de romans à lire les pieds dans l'eau en sirotant votre boisson préférée !

Alors que le soleil commence à faire de timides apparitions, que le gris des nuages fait place à l'azur, et que pulls et manteaux sont rangés au fond de nos placards, il est temps de se procurer de quoi lire pendant ces doux mois d'été... L'Académie Goncourt vous propose un ensemble de romans incontournables de cette année 2019, à lire dans un hamac, un transat, ou, pour les plus courageux d'entre vous, au beau milieu de la mer, sur votre matelas gonflable préféré.

Bonne lecture !

Le dictionnaire amoureux de Joseph Kessel
28,00

Romancier, reporter, correspondant de guerre, aviateur, combattant, résistant, académicien… Quel roman que ses vies, certes, mais quelle fragilité aussi cachent-elles en leur sein ! Loin de la mythomanie inventive de Malraux ou de la dramaturgie soignée d'Hemingway, Kessel a plongé dans une mélancolie fertile pour se délivrer de ses drames et offrir une œuvre polyphonique sur l'interprétation du monde, à la fois conteur et témoin, lui qui déclarait que « la vraie, la profonde raison de vivre, c'est l'amour de l'homme ».
Au travers de ses romans et reportages – d'une étonnante modernité –, ce chroniqueur du monde, chantre de la grandeur humaine dans le fracas des guerres et le tourment des passions, décrit la misère, les bas-fonds, mais aussi l'espérance. L'imaginaire et l'amour sont là pour rehausser la condition humaine dans une œuvre qui allie la quête de l'espoir et le goût de la révolte.


Neptune Avenue, Collection Blanche dirigée par Martine Saada

Collection Blanche dirigée par Martine Saada

Grasset

20,00

Cela se passe à Neptune Avenue, au bord de l’océan, à côté de Coney Island, au bout de Brooklyn. L’atmosphère est étrange, le soleil brille derrière une drôle de lumière laiteuse, il fait très chaud, il n’y a plus d’électricité. Le monde semble s’être arrêté.
Les ascenseurs sont en panne. Tout est en panne. Dans son appartement du 21e étage, le narrateur est freiné par une mobilité de plus en plus réduite et se déplace avec peine.
Il a l’âge d’une retraite prématurée, après avoir fait fortune dans la finance – alors que sa vraie passion, sa passion de jeunesse, était la littérature. Mais à quoi bon avoir accumulé tous ces biens si on ne peut pas les transmettre  ?
Peu après la mort de sa mère, en Suisse, il avait décidé de partir pour New York, à la recherche d’une improbable famille, de lointains cousins. Mais c’est surtout Bijou qu’il est venu trouver, une jeune femme assoiffée de vie. Elle est installée à Manhattan, vit de petits boulots, mais elle finit par déménager à Neptune Avenue, à côté de Little Odessa, où l’occasion se présente bientôt pour le narrateur de louer un appartement sur le même palier qu’elle.
Et c’est tout un passé qui se réveille, en particulier celui d’une jeunesse étudiante passée à Genève dans les années 1980 et de son amitié avec Bob, un grand biologiste, et Nina, jeune africaine pleine d’entrain, la mère de Bijou.
Que s’est-il passé pour que l’électricité ne revienne pas, depuis plus de dix jours, sans qu’il n’y ait pourtant eu aucune tempête, aucun éclat  ? On peut imaginer une déflagration nucléaire plus ou moins lointaine. Une fin du monde. Bijou n’en perd pas son enthousiasme pour autant, elle qui croit à la décroissance et veut à tout prix préserver sa liberté. Elle ne sera pas une héritière. L’argent, la richesse ne l’intéressent pas. Finalement, la paternité (réelle ou supposée) n’ouvre aucun droit… Et tout pourrait bien partir en fumée.


Le Vent reprend ses tours
19,00

C'est un avis de recherche collé sous un abribus qui va bouleverser la vie de Nathan. Gavril, le vieil homme disparu, a sauvé son enfance de l'ennui et de la solitude auprès d'une mère taciturne en l'entraînant dans les rues de Paris et en l'enchantant de poésie et de fantaisie. Trente ans plus tard, Nathan mène une vie fade et morose que ce soudain rappel à l'enfance et aux silences maternels fait éclater. Lui qui n'a jamais voyagé se rend en Roumanie dont il ignorait que Gavril y avait vécu les drames de la guerre puis les grandes purges de l'après-guerre. Ce voyage vers l'ami saltimbanque rescapé de terribles épreuves mais qui avait su garder une magnifique ardeur à vivre, va l'ouvrir à une pleine liberté.


Honorer la fureur
21,00

James se sent à l’étroit dans son petit bureau new-yorkais du Chrysler Building, à l’étroit dans son métier de journaliste comme dans sa vie. Il travaille pour Fortune, le magazine le plus libéral du pays. Tout ce qu’il hait. Alors quand son rédacteur en chef l’envoie dans son Sud natal pour une enquête sur la vie des métayers en Alabama, James se sent revivre. D’autant qu’on lui adjoint pour ce voyage un jeune photographe inconnu avec lequel il s’entend d’emblée. Le reportage deviendra un brûlot, un plaidoyer, un cri rageur face à la pauvreté des fermiers dans ces sinistres années trente. Puis un livre, un grand livre signé James Agee et Walker Evans, Louons maintenant les grands hommes.

Le nom de James Agee se met à circuler chez les écrivains, les journalistes, tous les intellectuels. On parle d’un type fascinant, insupportable, brillant, révolté, alcoolique. Il travaille à un scénario pour John Huston, enchaîne les mariages, devient l’ami de Chaplin, et on dit même que pour son premier film en tant que réalisateur, l’illustre Charles Laughton lui a confié l’adaptation de La Nuit du chasseur.

Rodolphe Barry s’est attaché à faire vivre l’homme caché derrière ces œuvres et nous fait découvrir un artiste dont la soif d’absolu se fracasse sans cesse contre le réel, un homme en colère que ses propres faiblesses écœurent.


Une amie de la famille
18,00

«Le 1ᵉʳ novembre 1968, alors que nous nous promenions sur les rochers qui surplombent la Chambre d’Amour à Biarritz, ma sœur aînée a été emportée par une vague. Elle avait vingt ans, moi quinze. Il aura fallu un demi-siècle pour que je parvienne à évoquer ce jour, et interroger le prodigieux silence qui a dès lors enseveli notre famille. Je suis parti à la recherche d’Annie. Je l’ai vue revenir intacte dans sa fougue, ses doutes, ses enthousiasmes, ses joies et ses colères : une jeune femme d’aujourd’hui.» Jean-Marie Laclavetine.
«Le 1&ersup ; novembre 1968, alors que nous nous promenions sur les rochers qui surplombent la Chambre d’Amour à Biarritz, ma sœur aînée a été emportée par une vague. Elle avait vingt ans, moi quinze.»